
Mais on a dû vous manquer pendant tout ce temps ! 3 semaines de mutisme, du jamais vu dans l'histoire, encore courte de ce blog. Comprenez-nous : les bébés nous ont mobilisés à l'orphelinat et démobilisés pour la rédaction du journal de bord. 6 heures quotidiennes passés avec 28 petits loups (eh oui, il y a eu une arrivée à la fin) nous ont un bien fatigués. Alors le soir, nous reprenions nos esprits dans l'appartement, autour d'un bon verre et d'une bonne assiette. Enfin, vous pourrez découvrir les petites bouilles qui nous ont entourés ces 4 semaines durant. Vous les trouverez peut-être timides mais il faut savoir qu'ils ne sont pas habitués à l'appareil photo et ne font donc pas autant de charme que les petits Européens devant l'appareil photo. En revanche, vous remarquerez sur les films (quand nous rentrerons...) qu'ils sont à l'aise devant la caméra, ravis de se voir sur le petit écran. Des vedettes ! Reconnaissons que la séparation vendredi dernier fut difficile : quitter les petits choux que nous avions soignés pendant un mois et leurs éducatrices, perdre le confort des véritables Paceños expatriés, dire au revoir à Anne-Marie et Julie (nos amies québécoises) pour reprendre une longue route qui devait nous conduire à Santiago (où nous arrivons tout juste) fut une petite épreuve. Heureusement, la perspective de retrouver Maman en bout de course nous a donné du courage ! Pourvu que l'avion décolle... Saint Air France (alias Hermès), priez pour nous ! Notons qu'une étape -et des plus belles- de trois jours devait précéder la longue route jusqu'à la capitale : le Salar de Uyuni que Jean allait découvrir et que j'allais re-découvrir. De La Paz, nous prenons un bus de nuit (21h - 7h30) qui nous dépose dans le centre de Uyuni. Une cité fantôme (ressemblant tristement à une ville russe désaffectée) que le soleil parvient pourtant à réchauffer et que les habitants encore Boliviens dans l'âme animent d'une authenticité touchante. Cette bourgade développée par le tourisme et mise en valeur par sa situation (aux portes du désert) est la mise en scène fidèle de villes de Western : un poste de police, une banque, un bureau de poste et -anachronisme pour les contemporains de Luchy Luke : les agences de voyage qui ont remplacé les nombreux saloons de la B.D. Mais ce qui est extraordinaire là-bas (et représentatif du pays entier), c'est que tout se déniche et à un prix défiant toute concurrence. Les marchand présents vous offrent toute sorte de services et produits pour un bouchée de pain. C'est la Bolivie poussée dans ses derniers retranchements géographiques, toute aussi fière et serviable que dans les grandes agglomérations. Car, si au premier abord ce pays inquiète par sa pauvreté et par le nombre de ses ambassadeurs, elle étonne par son dynamisme, son sens du service et toutes les solutions existant pour un problème donné. Tout se trouve, tout peut se demander. Souvenez-vous des Inconnus : "Avec la SNCF, tout est possible" (enfin en ce moment, n'en demandez pas trop...) ! A l'heure du bilan, le seul reproche que nous pourrions adresser aux Boliviens : leur incapacité à dire non. Il ne faut TOUJOURS leur poser des questions ouvertes, dans lesquelles ce sont eux qui développpent la réponse. Si vous posez une question à laquelle on répond par oui ou par non, pour vous faire plaisir, ils répondront oui ou bien non en fonction du ton que vous aurez adopté en posant la question. Ils savent quelle réponse vous attendez ces petits malins ! Ainsi, si un commerçant ne détient pas le produit rare que vous recherchez, il vous enverra chez son voisin lambda, même s'il sait pertinemment que ce brave lambda ne vend pas le produit magique. Soit par peur de décevoir, soit par refus de perdre la face (à la chinoise ma Lulu), le Bolivien ment. Mais bon, il ment gentillement ; il n'assume pas, voilà tout ! Revenons-en à notre itinéraire : une fois à Uyuni, nous embarquons dans la foulée pour les salines et le désert que sépare la Bolivie du Chili... Désert perdu par la Bolivie qui n'a donc plus d'accès à l'océan. Le peuple reste marqué par cette défaîte, par les morts de la guerre, ainsi que part la guerre du Chaco perdue contre l'Uruguay. Des ressources naturelles parties chez les voisins convoiteurs. Quel spectacle nous attend ! : des étendues vierges baignées dans le soleil et la chaleur du désert. Des paysages d'une radieuse beauté, diversifiés et tous plus émouvants les uns que les autres. Bien que de retour sur un lieu visité 3 mois auparavant, je me suis extasiée devant autant de beauté. Le plaisir de partager cette découverte avec Jean, de la faire dans un contexte plus détendu que la fois précédante (cf. l'altercation avec le guide) et de m'apercevoir que mon souvenir était erroné (dimensions, couleurs, distances, etc). Pour les grandes étapes de ces 48 heures : le salar de 12 000 km2, son exploitation de sel et son île de cactus (Isla del Pescado), les nombreuses lagunes (Cañapa, Colorada, Hedionda, Honda et Verde), le volcan Licancabur, les geysers furibonds, les déserts sous toutes leurs formes et deux nuits passées dans des refuges (dont une maison construite de sel uniquement). Après trois jours de 4*4, nous rejoignons San Pedro de Atacama, village situé au Chili à quelques kilomètres de la frontière bolivienne, au Nord. Les formalités d'entrée et l'inspection des sacs nécessite près d'1h30. Les Chiliens font du zèle. C'est notoire : ils se sentent plus à l'aise que les Boliviens, sont assertifs, voire agressifs dans leur discours. Leur accent dénote aussi la confiance qu'ils ont en eux : ils ne prononcent pas les "s" et avalent autant de mots que leur gorge est capable d'en ingurgiter ! Dès l'entrée sur le territoire, on sent l'arrogance de ceux qui ont mieux réussis et qui s'affirment. Les impressions devraient se préciser (et certainement se mitiger) au cours des prochains jours car nous ne sommes arrivés dans le pays qu'il y a 2 jours. Remarquons que le confort et la qualité du service offerts nous séduisent (ne crachons pas dans la soupe !). Demain, une belle journée nous attend : celle des retrouvailles avec Maman. Elle arrive à 9h30 pour un décollage dans l'après-midi en direction de Puerto-Montt (Pascale, on va avoir le temps de s'en jeter quelques-uns à l'aéroport !). Une nouvelle vie à 3 pour 15 jours... La petite souris vous racontera ! |